L’hypnotherapie et l’enfant

L’hypnose chez les enfants nécessite une bonne connaissance clinique et développementale de l’enfant mais aussi une approche et des techniques spécifiques de cette hypnose.

L’hypnothérapie se diversifie à présent avec des outils qui sont au service du changement pour conduire l’enfant qui souffre d’une part à se recentrer peu à peu sur son vécu et d’autre part à réorganiser son monde interne et relationnel afin de trouver les meilleures stratégies de « coping positif ». Elle lui permet de développer un sentiment de sécurité intérieure qui va l’aider à « traverser les émotions » générées par sa situation ou son état.

Les outils et les techniques auquel le praticien peut avoir recours dans le travail avec l’enfant sont riches et variés, ils peuvent être proches ou similaires de ceux employés avec des adultes à condition de les ajuster aux capacités développementales, cognitives et affectives de ces jeunes patients en privilégiant l’imaginaire et le retour aux sensations corporelles.
Selon Olness et Gardener (1988), les grandes indications de l’hypnose chez les enfants sont les suivantes :

  1. Lorsqu’un enfant se montre réactif aux inductions hypnotiques.
  2. Quand un problème s’est montré accessible à un traitement par l’hypnose.
  3. Quand il existe une relation positive entre le thérapeute et l’enfant.
  4. Quand l’enfant a au moins une certaine motivation à remédier à ses problèmes.
  5. Quand les parents et les tuteurs de l’enfant approuvent le plan de traitement et quand on ne redoute pas que l’utilisation de l’hypnose provoque des dommages
    iatrogènes.

Les domaines d’application de l’hypnose pour les enfants peuvent regrouper en partie ceux des adultes mais pas seulement. L’hypnose a été utilisée pour une immense variété de problèmes chez les enfants : anxiété, problèmes d’apprentissage et de concentration, difficultés de lecture, phobies, troubles du sommeil, anxiété sociale, formation aux aptitudes sociales, réactions de conversion, amnésie psychogène, épilepsie, douleur, boulimie et anorexie, énurésie, encoprésie, bégaiement, trichotillomanie, onycophagie, succion du pouce, obésité, somnambulisme, difficultés d’apprentissage, préparation à la chirurgie, brûlures, troubles gastro-intestinaux, asthme, urticaire, allergies, verrues, pour augmenter l’adhésion au traitement chez les diabétiques, hémophilie, polyarthrite juvénile, soins dentaires, céphalées, rétention d’urine, infirmité motrice cérébrale, syndrome de la Tourette, cancer et maladie terminale, et sports.

L’hypnose est dans notre cadre d’intervention évidemment un processus thérapeutique : remise en mouvement, changement de perception et de sensorialité, un mode de communication et une expérience sensorielle dans l’ici et maintenant (hic et nunc). Mais elle est également une thérapie de l’attention : veille intense du côté du patient, attention particulière du thérapeute, relation thérapeutique et utilisation d’un phénomène naturel expérimenté quotidiennement. Elle sous-tend une remise en lien de soi-même avec le monde qui nous entoure ; être présent ici et maintenant, à soi (en développant l’estime de soi) et aux autres. C’est un nouvel apprentissage dans la mesure où l’enfant apprend à se défaire de ces automatismes, à partir de schémas appris et inefficaces, pour créer du nouveau ; c’est un apprentissage de la liberté, sans jugement, sans pression, où il est possible de se libérer de la peur de vivre.